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C’était en 1965, dans un salon de la Bande Dessinée, appelé « de bulle en bulle »,  salon qui se tenait à Bruxelles, non loin de la Grand-Place. Les auteurs d’Astérix étaient les invités d’honneur, la file d’attente était longue pour les dédicaces. La plupart des visiteurs du salon achetaient « Astérix et Cléopâtre ».  L’album venait de paraître, après une première publication dans la revue  « Pilote ». « 14 litres d’encre de chine, 30 pinceaux, 62 crayons à mine grasse, 1 crayon à mine dure, 27 gommes à effacer, 38 kilos de papier, 16 rubans de machine à écrire, 2 machines à écrire, 67 litres de bière ont été nécessaires à la réalisation de cette aventure », clamait l’annonce dans Pilote .

Cela concurrençait presque le film à gros budget Cléopâtre de Mankiewicz, avec en vedette Elisabeth Taylor et Richard Burton, et dont la couverture de l’album parodiait l’affiche. »*

Albert Uderzo et René Goscinny avaient fort à faire pour satisfaire les acheteurs des albums et se relayaient pour écrire ou dessiner une dédicace.

Ils étaient loin de se douter qu’un drame se tramait. En effet, un de leurs héros les plus attachants, le petit chien Idéfix avait échafaudé un plan d'évasion.

L’année précédente, à ce même salon, Albert  Uderzo tout seul avait également été présent pour dédicacer « Astérix Gladiateur ». A la table voisine, était installé un dessinateur peu connu, aux publications confidentielles, il était édité par une minuscule maison d’édition que la faillite menaçait à chaque nouvelle parution.

Peu importait la gloire dudit dessinateur à Idéfix, ce qui comptait, c’est que l’héroïne de ses albums était une adorable petite chienne pour laquelle il avait littéralement craqué. Depuis des mois, il ne pensait plus qu’à elle, portant mieux que jamais son nom. Elle hantait ses rêves et il avait donc projeté de s’évader afin de la rejoindre.

Son plan était simple, il attendrait qu’un enfant réclame un portrait de lui en guise de dédicace (ce qui ne manquait jamais d’arriver) et là tandis que le dessinateur peaufinerait le décor, il se mettrait à courir à toutes pattes hors de l’album, filerait le long du pied de la table pour aller s’insérer dans l’album de sa dulcinée.

A 15 h 57 précisément ce 25 novembre 1965, arriva un jeune garçon d’une dizaine d’années accompagné de son père. Il se planta devant la table du dessinateur et réclama d’une voix claire une dédicace montrant Idéfix. Tandis que son père réglait le prix de l’album, Albert Uderzo s’exécuta, utilisant ses marqueurs noirs et colorés pour peindre une scène où Idéfix batifolait au milieu des pyramides. Alors qu’il mettait la dernière touche à la pointe de ladite pyramide, Idéfix prit son élan et s’enfuit… La chance était de son côté, malgré son relatif anonymat, le dessinateur de sa belle était installé à seulement quelques rangées de tables de là.

Il la rejoint donc en quelques minutes à peine et vit depuis une vie paisible dans son monde.

Si vous ne croyez pas un mot de cette histoire, je vous conseille tout de même de fouiller parmi les albums d’un certain Michel Durant, vous risquez fort d’y reconnaître un petit chien gaulois.

 

 

 

*la phrase est extraite du site http://www.asterix.com où j'ai puisé quelques références de dates ou quelques précisions. 

 

Ce texte est le résultat d'un jeu d'écriture, lancé par @lactimelle. Il s'agissait de composer un texte à partir d'un personnage "donné" par un autre twitto. mon parrain a été @Corbeau2Course, et ma filleule @FifiBrindosier

 

Allez lire leurs écrits en cliquant sur les liens ci dessous : 

Emilie http://rienaredire.unblog.fr/2013/11/29/vapeurs/

Fifi http://misstherieuse.blogspot.fr/2013/11/anachronisme-etoile.html

Lactimelle http://plumechocolat.wordpress.com/2013/11/30/lettre-a-monsieur-b/

Sohan http://sohankalim.tumblr.com/post/68495966932/le-trone

Blandine http://www.princessepepette.com/article-corto-maltese-121319625.html

Greg http://gregatort.wordpress.com/2013/12/01/nouvel-amour/