C'est l'heure de la rentrée, j'ai donc proposé à mes camarades de la #teamecriture un nouveau jeu. Chacun a envoyé une photo (prise par lui même ou non) au participant suivant, charge à ce dernier d'écrire un texte, un poème, format libre, au gré de son inspiration autour de la photo. 

Date limite de publication. 
Voici ma participation sur une photo prise par @wacsim que je remercie :) 

 

Bientôt sous ce texte la liste des autres participations. 

 

@marietopic : http://authentiquestropiques.blogspot.fr/2014/09/sans-pluie.html

@charmithorinx :  http://www.charmithorinx.fr/vieux-treddy/  

@PlusDencre : http://nuago.blog4ever.com/main-blanche-main-noire

@sofiecherie : http://iamjustsonow.tumblr.com/post/97491336968/le-temps-na-plus-aucune-emprise-sur-moi-les

un non  twitto qui s'est joint à nous par le biais du blog de marietro : http://extravagances.blogspirit.com/archive/2014/09/16/perdre-la-tete-3016445.html

@princessepepette : http://www.princessepepette.com/2014/09/chant-de-fleurs.html

Maud Philibert : http://pressecitronblog.wordpress.com/2014/09/21/cheveux-dor-et-cheval-blanc-2/

@eusyne : http://eladelle.tumblr.com/post/98048110539/oranges-et-fuser-la-craie-sanguine-et-la

@melimellow90 :http://oxymellow.tumblr.com/post/98055098025/toujours-une-facade-une-image-pour-paraitre

@benoitd67 : http://benoitdesbasque.wordpress.com/2014/09/23/madeleine/

@wacsim : http://wacsim.over-blog.com/article-vive-l-automne-124611628.html

@lactimelle : http://plumechocolat.wordpress.com/2014/09/22/elle-que-je-ne-meritais-pas/

@christopheanto3 : http://123christophe456.wordpress.com/2014/09/26/jeu-team-ecriture/

 

Skateboarders_by_WacsiM

 

Deux jours après la rentrée, la prof de français y est allée fort. On ne s’est pas méfiés, moi en tout cas, elle nous avait demandé d’apporter la photo qui pour nous symbolisait le meilleur souvenir de cet été.

J’avais instinctivement choisi celle-ci prise au skate park.

C’est moi qu’on voit de dos, prêt à m’élancer à mon tour dès que Steven aurait fini de faire son show.  Toujours à vouloir être le plus fort, s’élancer le plus haut, prendre le plus de risques… Tout ça pour plaire aux filles, en pure perte, la plupart d’entre elles ne venant même pas autour du skate park qu’elles considèrent réservé aux garçons.

Les seuls qu’il arrive à éblouir sont les petits qui viennent avec leur trottinette et rêvent de pouvoir égaler ses exploits un jour d’ici deux ou trois ans !

En regardant cette image, je revis à nouveau ce moment. Je sens le soleil sur ma peau, je sens encore le sang battre à mes tempes et le rythme de mon cœur qui s’accélère, la légère angoisse qui m’étreint. Je revois les regards des uns et des autres posés sur Steven et la projection que j’en fais en pensant que bientôt c’est moi qu’ils observeront. J’ai le trac.

Je l’ai déjà fait mais il n’y avait personne pour voir mes relatifs exploits. Et c’est une chose que de s’élancer seul, se dire que personne ne vous verra tomber ou devoir le faire devant toutes ces paires d’yeux qui vous scrutent et dont certains n’ont aucune bienveillance.

Une dizaine de minutes après que cette photo ait été prise, le moment est arrivé pour moi. Je jouais le tout pour le tout, dans une sorte de battle non officielle contre Steven.  Marre qu’il joue les cadors et qu’il se comporte comme si le skate park lui appartenait.

Allez, go, assez réfléchi et hésité, la piste est enfin vide et rien qu’à moi.

D’un coup de reins, je soulève mes fesses du rebord, et me jette dans le vide, la vitesse s’empare aussitôt de moi, le vent fait voltiger des mèches de cheveux devant mes yeux, m’aveuglant à moitié. Durant quelques instants, je suis comme suspendu en l’air, c’est comme si je volais, je n’ai plus de pesanteur, j’ignore tout ce qui m’entoure, mon cerveau est débranché, uniquement concentré sur l’équilibre à ne pas perdre. Dans un état semi-conscient, j’ai exactement les réflexes adéquats, je penche mon corps avec pile l’inclinaison nécessaire. Je me sens pousser des ailes, plus rien ne peut m’arrêter, je ne me rends même pas compte du nombre d’allers retours que j’enchaîne, et je ne saurais même pas dire quelles figures j’exécute comme si j’étais né avec une planche sous les pieds.

Après un moment qui me semble interminable, mais en même temps hors du temps, je m’immobilise enfin. J’entends une sorte de brouhaha que je n’identifie pas tout d’abord avant de réaliser que tous ceux qui sont rassemblés sur le bord sont littéralement en train de m’ovationner.

Sans nul doute ce moment restera le meilleur souvenir de mon été, et peut être des suivants aussi. Reste à prendre une copie double grands carreaux et  trouver les bons mots pour le raconter à Madame Stucker et qu’elle me mette une bonne note pour une fois !