lever soleil

 

On parle de « sentiment de jalousie » mais la jalousie est-elle un sentiment ? Ou un défaut ? Elle est un poison dont il est difficile de se défaire quand elle s’est introduite .

La jalousie ronge, elle attaque le cœur. Elle s’insinue telle une petite voix mauvaise, souffle à l’oreille que la personne à laquelle vous êtes attaché(e) s’intéresse à quelqu’un(e) d’autre. Qu’elle va l’aimer davantage que vous.

Je suis foncièrement, intrinsèquement jalouse. Je ne parle pas de la jalousie en tant qu’envie, je n’envie pas ce que les autres peuvent posséder et que je n’aurais pas.

Je parle de jalousie dans les relations humaines. Je peux être amicalement jalouse aussi.  Pour y avoir longuement réfléchi, pour avoir amèrement regretté parfois les erreurs que cette jalousie m’ont fait commettre, je pense que peut être elle trouve sa source dans mon enfance.

Pourtant je suis fille unique, qu’est ce que cela aurait été si j’avais eu un frère ou une sœur avec qui partager l’amour parental. Ah mais au fait, il n’y avait pas vraiment d’amour parental dans mon enfance. Juste un père inconnu, et une mère obsessionnelle.  Cf certains posts précédents.

Quand je dis qu’elle trouve sa source dans mon enfance, je veux dire que je serai à jamais la petite fille qu’on peut abandonner à deux mois et demi, qui ne suffit pas à retenir ses parents. Une éternelle petite fille ayant besoin d’être rassurée, aimée plus que la moyenne, destinatrice de preuves d’amour et d’attention, à qui l’on répète à l’infini qu’elle existe, qu’elle est aimable, qu’on ne l’oublie pas.

Je sais à quel point cela peut être insupportable pour les gens, à quel point la plupart ne sont pas capables de démontrer tout cela inlassablement.

J’ai une chance incommensurable car mon amour est capable de tout cela, et le fait jour après jour, heure après heure, depuis si longtemps. Il le fait naturellement, il m’aime tout simplement.

Et pourtant, souvent cela ne suffit pas à juguler ma jalousie dans mes autres relations, y compris amicales. On dit souvent que l’amitié n’est pas jalouse. Ce n’est pas ce que je ressens. Je peux éprouver un sentiment de jalousie en amitié.

J’ai l’air sociable, je lie facilement connaissance, je me livre parfois parce que je ne crois pas au sens unique, et que c’est un peu de moi que je donne en me racontant. Et pourtant au fond, je reste un petit animal farouche, sauvage et apeuré. J’intègre facilement les codes et les modes de communication au sein de différents environnements, mais suis prompte à me replier dans ma coquille si l’on me blesse .

J’ai assez parlé de la vie 2,0, de la place que je lui accordais, des échanges que j’y avais. J’ai perdu les codes, j’ai oublié les règles, je ne sais plus.  Je regarde cette vie comme derrière un miroir sans tain. J’ai rompu les liens, coupé les fils, négligé d’entretenir certains rapports superficiels. L’année 2016 pourrait bien être l’année de la détox digitale. L’envie de partager n’est plus là, je m’en vais crier mes mots au fond de moi et ne les afficherai plus publiquement. Ne m’en voulez pas si je pars brutalement, je ne sais pas faire autrement lorsque la situation me devient insupportable…

Il y a certains dont la trace jamais ne se perdra, ici ou ailleurs, on se retrouvera toujours.