En ce mois de mars, c'est @parigo1968 qui est à l'initiative du jeu d'écriture de la #team.

voici son mail d'instructions : "Bonsoir,

 

Cette année il a lieu au mois de février, mais il arrive que le Carnaval se tienne à Venise au mois de mars, lorsque le mardi gras coïncide avec ce mois.

 

Le jeu que je propose pour ce mois de mars est de broder une histoire en se basant sur cette photo trouvée sur le net et que je trouve magnifique. Les masques, la virtualité, la découverte des êtres derrière les masques et les costumes. En vers ou en prose. En remerciement/hommage à Venise, qui se démène pour faire fonctionner la TeamEcriture.

 

Une contrainte ? Il en faut une ? Je n’en mets pas cette fois-ci.

 

Seulement une dead line, fixée au 25 mars."

venise photo

 

 

Je les observais de loin, ce qui avait attiré mon regard était le contraste flagrant entre les couleurs chatoyantes de leurs costumes, la gaité des teintes vives et leur air mélancolique à tous les deux.

De là où j’étais et malgré sa tête baissée, je voyais perler à ses yeux à elle des gouttes argentées qui ne laissaient aucun doute. Lui semblait indifférent à sa peine qu’il ne pouvait pourtant ignorer. Il portait son regard au loin, semblant déjà à des centaines de kilomètres de là. Je n’arrivais pas à déceler si cette indifférence était feinte ou réelle. Comment le voir à travers le masque ?  D’ordinaire, la vie nous plaque elle aussi un masque sur le visage. Mais à Venise plus qu’ailleurs en période de carnaval, le masque devient réalité.

Ils m’intriguaient tous les deux, j’aurais aimé connaître leur histoire, leur passé, savoir tout d’eux, ce qui les avait mené là, à ce jour qui paraissait être l’ultime de leur histoire.

Je n’osais m’approcher, tenter de surprendre des bribes de leur rare dialogue. D’ailleurs celui-ci existait il encore, ou n’était il plus désormais que silence ? Tout autour d’eux, les gens défilaient dans la liesse, eux seuls semblaient comme isolés par leur mélancolie. Que c’est triste Venise lorsque l’amour la fuit. C’est ce que leur attitude toute entière semblait crier en silence.

Soudain, contre toute attente, un mouvement de foule la fit vaciller, elle qui semblait tenir par miracle debout. Et là, le mouvement spontané qui le fit se porter à son secours ne laissa plus aucun doute quant à sa prétendue indifférence. Afin de l’aider à respirer, il souleva son masque, et se pencha sur elle avec une tendresse infinie. Il l’entoura de ses bras et elle s’agrippa à lui. Le monde autour n’avait pas d’existence et leurs regards éperdus ne se quittaient plus, aimantés l’un à l’autre. Ils semblaient ne faire qu’un. La foule les évitait, impossible de les ignorer tant ils irradiaient.

A Venise, plus qu’ailleurs encore, il ne faut pas se fier aux apparences…